Quatrième de couverture :
"15 août 1945, la défaite du Japon est consommée. Au quartier général des forces armées de Kyushu, l'île du Sud-Ouest de l'archipel, ordre est donné par l'état-major d'abattre les derniers américains prisonniers. L'officier Takuya Kiyohara, fidèle à sa hiérarchie, se porte volontaire pour l'exécution. Quelques semaines plus tard, il est recherché pour crime de guerre.
Une longue fuite commence, une errance fantomatique, hallucinée, au cours de laquelle il tente de se fondre dans l'anonymat de la population civile d'un pays occupé, anéanti par les bombardements et désormais humilié par les vainqueurs.
Sorti au Japon en 1978, ce roman posait pour la première fois la question des crimes de guerre. Il est aujourd'hui encore d'une remarquable actualité, et Yoshimura y est au sommet de son art : son écriture froide, distante explore le devenir d'un homme simple et confronté à l'absurdité implacable d'une situation qui le brise en même temps qu'elle le conduit vers une forme de rédemption."
Certains livres sont présents sur mon étagère depuis des années dans la catégorie "livres à lire". Ils ont peu de chances d'être lus. D'autres croisent mon regard par le plus grand des hasards, sont lus sont la foulée et appréciés. La Guerre des jours lointains fait partie de cette seconde catégorie.
7,50€ pour un livre neuf, dont je n'ai jamais entendu parlé, écrit par un Japonais qui n'est pour moi qu'un illustre inconnu et à la couverture surannée ... les probabilités étaient infinitésimales pour que je le lise un jour. Et pourtant !
Il me rappelle un autre livre, celui dont je cite le titre quand on me pose la question : "quel est votre livre préféré?", Crime et Châtiment de ce cher Fédor Dostoïevski.
Un homme simple, qui devient un criminel et qui doit fuir pour échapper à une police qui ne lâchera rien. Le lecteur ne peut faire autrement que soutenir un criminel et souhaiter que la police abandonnera faute de preuve.
Il n'y a pas d'échappatoire, "on" le sait... mais "on" souhaite tellement une astuce de l'auteur afin de libérer le personnage principal -peut-on parler de héros?- de tous ses malheurs.
Que les lecteurs de Crime et Châtiments soient rassurés, les deux oeuvres ne sont pas semblables. La lecture de l'oeuvre plus que centenaire de vous dispense pas de la lecture d'un livre qui fête ses trente ans en 2008. Il ne s'agit pas de comprendre la psychologie d'un criminel. Takuya est un homme sensé. C'est un homme ordinnaire qui a vécu la guerre et qui en est ressorti... dans le camp des vaincus. Il est poursuivi par ceux qui ont bombardé les villes (les civils) de son pays avec des bombes incendiaires et deux bombes nucléaires. C'est un homme qui s'est conduit le mieux qu'il pouvait, écoutant sa conscience mais confronté à la grande Histoire et soumis aux conjonctures politiques.
Un livre à lire. |